Révolution iranienne
1979
L'événement en détail
La révolution iranienne (persan : انقلاب ایران, Enqelāb-e Irān), également appelée révolution islamique (persan : اسلامی, Enqelāb-e Eslāmi) ou encore révolution de 1979 (1357 selon le calendrier persan), est la série d'évènements ayant entraîné le renversement de l'État impérial d'Iran et de la dynastie Pahlavi, puis l'instauration d'une république islamique théocratique, dirigée par l'ayatollah Rouhallah Khomeini. Elle s'est essentiellement produite entre janvier 1978 et février 1979 et a durablement bouleversé l'équilibre géopolitique du Moyen-Orient.
Cette révolution a des causes complexes et anciennes. L'autoritarisme du chah Mohammad Reza Pahlavi, régnant depuis 1941, la corruption des hauts personnages du régime, une crise économique ayant créé une forte inflation dans les années 1970, ainsi que la modernisation à marche forcée du pays sont dénoncés par les protestataires. L'opposition au régime est un bloc hétéroclite composé des libéraux démocrates, des marchands du bazar, d'intellectuels, de mouvements étudiants et de groupes marxistes, mais aussi du clergé opposé aux réformes entreprises par le chah dans les années 1960, perçus comme une occidentalisation brutale contraire à l'islam.
Un assouplissement du régime à la fin des années 1970 permet à ces oppositions de faire entendre leurs voix, puis de s'unir sous l'égide des religieux, qui sont les premiers à manifester en janvier 1978. Mais la répression qui s'ensuit radicalise les manifestants, notamment au cours de l'été 1978 après l'incendie du cinéma Rex d'Abadan et le massacre de la place Jaleh, épisode aussi connu sous le nom de « Vendredi Noir ». Face à des grèves générales qui paralysent le pays et à l'effondrement de ses soutiens occidentaux à l'automne et à l'hiver, le chah est contraint de quitter le pays le 16 janvier 1979. Le retour triomphal de l'ayatollah Khomeyni, ancien meneur des manifestations de 1963 devenu l'emblème de la révolution, le 1er février 1979, après quatorze ans d'exil, ainsi que la déclaration de neutralité de l'armée impériale quelques jours plus tard, scellent la victoire de la révolution.
Les révolutionnaires s'emparent du pouvoir le 11 février 1979, forçant le Premier ministre Chapour Bakhtiar à la fuite. Dans les mois qui suivent, le clergé chiite, fort de son immense soutien populaire et de son organisation, monopolise rapidement le pouvoir. Sous la direction de Khomeiny, les autres factions révolutionnaires sont rapidement neutralisées, emprisonnées ou exécutées, ouvrant la voie à une seconde période de la révolution. La république islamique, reposant sur le principe du velayat-e Faqih, est officiellement approuvée par référendum en avril 1979, conduisant à l'installation d'une théocratie qui se caractérisera par sa haine de l'Occident, notamment lors de la prise d'otages à l'ambassade de Téhéran en novembre 1979. La stabilisation du régime, caractérisée par la répression féroce des autres factions révolutionnaires, se poursuit jusqu'au début des années 1980.
