Guerre de Bosnie-Herzégovine
1992–1995
L'événement en détail
La guerre de Bosnie-Herzégovine est un conflit armé international qui débute le 6 avril 1992 avec la proclamation d'indépendance de la Bosnie-Herzégovine et s'achève avec les accords de Dayton le 14 décembre 1995. Cette guerre est liée à l'éclatement de la Yougoslavie.
En tant qu'État internationalement reconnu, la république de Bosnie-Herzégovine est composée essentiellement de trois entités socio-culturelles constitutives : les Bosniaques de tradition musulmane depuis l'occupation ottomane, les Serbes de Bosnie orthodoxes et les Croates de Bosnie catholiques, plus ceux se considérant comme yougoslaves et les familles issues de couples mixtes ; tous parlent la même langue, le serbo-croate. La guerre a opposé la république de Bosnie-Herzégovine aux entités autoproclamées serbe et croate de Bosnie, soutenues respectivement par la Serbie et la Croatie, qui cherchaient à diviser la Bosnie. L'Armée de la république de Bosnie-Herzégovine (ARBiH), seule force légale qui défendait la préservation de la Bosnie multiethnique et indivisible, était principalement composée de Bosniaques, ainsi que d'un certain nombre de Croates et de Serbes de Bosnie. Les forces serbes opposées, soutenues par l'armée de Serbie, étaient initialement constituées d'unités de l’Armée populaire yougoslave (JNA) déployées en Bosnie, qui se sont ensuite transformées en Armée de la république serbe de Bosnie (VRS), et étaient accompagnées de groupes paramilitaires de Serbie et de Bosnie. Les forces croates, soutenues par l'armée croate, comprenaient le Conseil de défense croate (HVO) ainsi que des unités paramilitaires.
Dès juin 1992, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise le déploiement des casques bleus en Bosnie-Herzégovine au sein de la Force de protection des Nations unies. En septembre 1995, l'opération Deliberate Force de l'OTAN contre les Serbes de Bosnie permet la fin du conflit.
La guerre a fait près de 100 000 morts — dont la moitié sont des victimes civiles — et deux millions de réfugiés. Le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a prononcé quatre-vingt-dix condamnations pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.
