Guerre civile libanaise
1975–1990
L'événement en détail
La guerre du Liban, ou guerre civile libanaise (arabe : الحرب الأهلية اللبنانية, al-ḥarb al-ahliyyah al-libnāniyyah), est une guerre civile qui se déroule de 1975 à 1990 au Liban. Elle fait entre 70 000 et 150 000 morts, 100 à 200 000 blessés, et de nombreux disparus et exilés.
La diversité religieuse des Libanais a joué un rôle notable dans le déclenchement et pendant le conflit : les chrétiens libanais et les musulmans sunnites libanais constituaient la majorité dans les villes côtières ; les chiites libanais étaient principalement présents dans le sud du Liban et dans la Plaine de la Bekaa à l'est ; et les Druzes ainsi que des chrétiens habitaient les zones montagneuses du pays. À cette époque, le gouvernement libanais était sous l'influence des élites de la communauté maronite. Le lien entre politique et religion s'est renforcé sous le mandat français de 1920 à 1943, et la structure parlementaire du pays favorisait une position dominante pour les chrétiens libanais, qui constituaient la majorité de la population. Cependant, les musulmans libanais formaient une importante minorité, et l'arrivée de milliers de Palestiniens — d'abord lors de l'exode de 1948 puis de celui de 1967 — a contribué au changement démographique du Liban vers une majorité musulmane. Le gouvernement dominé par les chrétiens faisait face à une opposition croissante de la part des musulmans, des panarabistes et des groupes de gauche. La guerre froide a également eu un effet désintégrateur sur le pays, étroitement lié à la polarisation politique qui avait précédé la crise libanaise de 1958. Les chrétiens se rangeaient principalement du côté du monde occidental, tandis que les musulmans, panarabistes et de gauche se tournaient vers les pays arabes alignés sur le bloc soviétique.
Les affrontements entre les milices chrétiennes libanaises et les insurgés palestiniens, principalement issus de l'Organisation de libération de la Palestine, débutèrent en 1975 et aboutirent à une alliance entre les Palestiniens, les musulmans libanais, les panarabistes et la gauche. Le conflit s'intensifia lorsque des puissances étrangères, notamment la Syrie, Israël et l'Iran, s'impliquèrent et soutinrent ou combattirent aux côtés de différentes factions. Au cours du conflit, des alliances évoluèrent rapidement et de manière imprévisible. La guerre prend un autre tournant lorsque de nombreux sous-conflits s'y ajoutent à la suite de règlements de comptes entre factions libanaises et palestiniennes :
Les conflits inter-chrétiens au Liban deviennent de plus en plus forts lorsque les factions maronites des Forces de régulation des Kataeb et de la Brigade Marada s'affrontent à la suite de différends politiques. Les conflits dégénèrent en tueries et batailles.
La guerre des camps : des milices palestiniennes rivales se combattent avec l'appui de milices libanaises et de nations étrangères.
La guerre des frères : les mouvements chiites Amal et Hezbollah commencent à s'affronter dans les aires urbaines, avant de se réconcilier.
La guerre se termine défavorablement pour le Front libanais, qui a vu un grand nombre de ses membres faire défection ; les Forces libanaises en tant que milice sont dissoutes. Toutefois, jusqu'en 2000, le Hezbollah et le PSNS continuent le conflit au sud contre l'Armée du Sud-Liban et Tsahal : c'est le conflit au Sud-Liban de 1985-2000.
Les séquelles du conflit se font sentir sur une longue période avec une reconstruction difficile, le maintien de milices armées, des reprises ponctuelles de la violence et une forte instabilité politique. En 1989, l'accord de Taëf a marqué le début de la fin des combats lorsqu'un comité nommé par la Ligue arabe a commencé à formuler des solutions au conflit. En mars 1991, le Parlement libanais a adopté une loi d'amnistie qui pardonnait tous les crimes politiques perpétrés avant la promulgation de la loi.
