Guerre d'Algérie
1954–1962
L'événement en détail
La guerre d'Algérie (en arabe : ثورة التحرير الجزائرية, en kabyle : Amgaru n Lezzayer), aussi connue sous les appellations événements d'Algérie, révolution algérienne, guerre d'indépendance algérienne et guerre de libération nationale, est un conflit armé qui se déroule de 1954 à 1962 en Algérie française, colonie française depuis 1830, divisée en départements en 1848. La guerre se termine par l'indépendance de l'Algérie, validée à une large majorité lors d’un référendum organisé par l'Exécutif provisoire et la victoire politique du Front de libération nationale.
En tant que guerre d'indépendance et de décolonisation, elle oppose des indépendantistes algériens, principalement réunis sous la bannière du Front de libération nationale (FLN), à la France. Elle est à la fois un double conflit, militaire et diplomatique, et une double guerre civile, entre les communautés d'une part et au sein même des communautés d'autre part. Elle a lieu principalement sur le territoire de l'Algérie française, mais a également des répercussions en France métropolitaine, où les attentats notamment de l'OAS causent plus d'un millier de morts.
La guerre d'Algérie entraîne de graves crises politiques en France, qui ont pour conséquences la chute de six présidents du conseil successifs sous la IVe République, le retour au pouvoir de Charles de Gaulle et la chute de la Quatrième République, à laquelle succède la Cinquième République. Après avoir donné du temps à l'armée française pour lutter contre l'Armée de libération nationale (ALN) en utilisant tous les moyens à sa disposition, le général de Gaulle penche finalement pour l'autodétermination en tant que seule issue possible, ce qui conduit une partie des officiers supérieurs français à se rebeller contre De Gaulle lors du putsch des généraux.
La guerre d'Algérie présente un bilan lourd, et les méthodes employées durant la guerre par les deux camps (torture, répression de la population civile) sont dénoncées. Selon les études menées par des historiens français, on estime qu'environ 250 000 Algériens sont tués dans cette guerre (dont plus de 140 000 combattants, ou membres du FLN), et jusqu'à deux millions ont été envoyés dans des camps de regroupement (sur une population totale de dix millions). Près de 25 600 militaires français sont morts et 65 000 ont été blessés. Les victimes civiles d'origine européenne dépassent les dix mille, dont un millier en France métropolitaine, au cours de quarante-deux mille incidents violents enregistrés.
Le conflit débouche, après les accords d'Évian du 18 mars 1962, sur l'indépendance de l'Algérie le 3 juillet suivant. Il précipite l'exode des habitants d'origine européenne, dits pieds-noirs, des Juifs d'Algérie, ainsi que le massacre de harkis qui s'est poursuivi jusqu'à la fin de l'année, évalué à plus de cinquante mille victimes.
